Notice archéologique sur le tunnel du mur occidental

in site du MFA 2009

 

A la fin du premier siècle avant J.- C., le roi Hérode rebâtit le Second Temple pour en faire un édifice d'une rare splendeur. Il fut détruit en l'an 70 de l'ère chrétienne, lorsque les légions romaines, dirigées par Titus, fils de l'empereur Vespasien, mirent fin à cinq années de révolte juive contre Rome et conquirent Jérusalem. Les fondations des massifs murs de soutènement bâtis par Hérode pour créer la plate-forme sur laquelle s'élevait le Temple, sont visibles encore aujourd'hui. Reste vénéré du Temple, la section la plus fameuse en est le Mur Occidental, où les juifs prient encore à ce jour.

Au cours des années 70, des fouilles ont débuté le long de l'angle sud-est de l'enceinte hérodienne du Temple. Des vestiges de structures datant de périodes diverses et couvrant deux millénaires d'histoire, ont été mis au jour sous la couche de ruines datant de la période du Second Temple.

De 1993 à 1997, de nouvelles campagnes de fouilles furent menées entre le Mur occidental et l'angle sud-ouest du mont du Temple. Une fois ôtés les débris des périodes ultérieures, la voie hérodienne longeant le Mur occidental du mont du Temple fut mise au jour sur toute sa longueur. Elle suivait le cours de la vallée Tyropoeon entre le mont du Temple et la colline occidentale, où était situé le haut quartier, résidence des nantis de la période hérodienne. C'est aujourd'hui l'emplacement des quartiers juif et arménien, à l'intérieur de l'enceinte de la Vieille Ville, et du mont Sion, au sud de la muraille.

La rue a été mise au jour sur une longueur totale de 70 mètres. Large d'une dizaine de mètres, elle est pavée d'énormes pierres (3 x 1,5m) très épaisses, soigneusement façonnées et assemblées pour faciliter la marche. Des deux côtés de la rue, des rebords surélevés surmontaient un remarquable réseau de caniveaux, les plus bas étant couverts de voûtes en pierre assez hautes pour qu'on puisse y circuler. Entre la rue et le mur occidental du mont du Temple, une rangée d'échoppes donnaient sur la rue. Une preuve de cette activité commerçante est fournie par les poids de pierre de différentes tailles trouvés sur le site.

La base d'un arc massif se dégage du mur occidental, à quelque 12 mètres au nord de l'angle sud-ouest de l'enceinte du mont du Temple. C'est l'arc de Robinson, ainsi nommé d'après le voyageur américain qui l'identifia au milieu du XIXe siècle comme faisant partie d'une structure de l'époque hérodienne. Lui faisant face, à 13 mètres environ du mur occidental, on trouve les vestiges d'un pilier qui soutenait l'autre extrémité de l'Arc de Robinson. Ce pilier est construit en moellons identiques à ceux des murailles hérodiennes du mont du Temple. Il comprend quatre alvéoles, tout comme les piliers de la rangée de boutiques de l'autre côté de la rue.

Au sud du pilier, les fondations d'une suite de voûtes s'élevant graduellement du sud au nord, ont été mises au jour. Cette série de voûtes, ainsi que l'arc de Robinson qui lui est perpendiculaire, soutenait un énorme escalier reliant la rue située dans la vallée avec le Temple, exactement comme le décrit Flavius Josèphe (Antiquités judaïques XV).

La rue était couverte d'un amas d'énormes pierres qui avaient été jetées du mur d'enceinte ouest du mont du Temple, détruisant les boutiques et endommageant le pavement. Parmi ces centaines de rocs pesant chacun plusieurs tonnes, la présence de fragments architecturaux rend possible la reconstitution de l'escalier de l'arc de Robinson et de la partie supérieure du mur d'enceinte du mont du Temple. On trouve ainsi des pierres avec ressaut, provenant de l'alignement de pilastres qui faisaient saillie sur la partie supérieure du mur d'enceinte, et un linteau, sans doute celui du portail par lequel les fidèles accédaient au mont du Temple. D'autres pierres aux coins supérieurs étroits et arrondis étaient autant d'imitations de la balustrade qui courait au sommet de l'enceinte du mont du Temple.

Une énorme pierre angulaire de taille typiquement hérodienne a été découverte durant les années 70, dans la cour qui se trouve sous l'angle sud-ouest du mont du Temple. Sur cette pierre figure une inscription en hébreu, partiellement préservée : Vers la place des sonneries de trompette pour... La fin manquante de l'inscription devait très probablement être le mot "proclamer".

La pierre s'élevait à l'origine au sommet de l'angle sud-ouest du mont du Temple, d'où les prêtres du Temple annonçaient le début du shabbat (le vendredi soir).

Les énormes amas de pierres tombées attestent de la destruction semée à Jérusalem par les légions romaines en 70 de l'ère chrétienne, et que Flavius Josèphe décrit avec un luxe de détails.

Certains de ces blocs qui jonchaient la rue ont été ôtés. Le site est désormais ouvert aux visiteurs, qui peuvent fouler le pavement original de cette rue, datant de la période du Second Temple, et mettre leurs pas dans ceux des multitudes de pèlerins qui marchèrent ici voilà deux mille ans pour participer aux rites du mont du Temple.

 

Au cours des années 70, les fouilles ont été dirigées par B. Mazar pour le compte de l'université hébraïque. Les fouilles ultérieures ont été dirigées par R. Reich et Y. Billig pour le compte de la Direction des antiquités d'Israël.

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